Dès les premiers mois de sa vie, le nourrisson est réceptif aux stimuli de son environnement et particulièrement aux êtres humains qui l’entourent. Il passe beaucoup de temps à observer et découvrir son corps (il attrape ses pieds, il met les mains à la bouche…) mais aussi à observer en détail et scruter les visages de ses proches (mère, père, enfants). Très rapidement, il lui arrive même parfois d’imiter certaines expressions de ses parents (tirer la langue par exemple).  De cette observation minutieuse se développe la capacité des tout-petits à comprendre les autres, à imiter et se socialiser.

Quels phénomènes entrent en jeu ? Intéressons-nous à ce qui se passe dans notre cerveau… et plus particulièrement à nos neurones.  Lorsque j’effectue un mouvement, mon corps reçoit des ordres du cerveau qui sont envoyés par des microcircuits : les neurones moteurs. A chaque action est associée un neurone moteur spécifique (attraper un objet entre les doigts, le porter à la bouche…). Dans cette « zone de contrôle » des actions (cortex prémoteur), il existe un type particulier de neurones que l’on nomme les « neurones miroirs ».

Ces neurones spécifiques ont une particularité : ils s’activent pour préparer une action donnée mais ils vont également s’activer en miroir à la simple vue de la même action exécutée par quelqu’un d’autre.

Ainsi, lorsque nous regardons avec attention les faits et gestes d’autrui, ces neurones s’activent comme si nous exécutions nous même les actions que nous observons : ils créent dans le cerveau de l’observateur, l’image de ce qui se passe dans le cerveau de celui qui fait l’action.

Prenons un exemple…  Lorsque je tends la main pour saisir ma tasse de café, des neurones moteurs s’activent dans mon cerveau. Une partie de ces mêmes neurones va s’activer si je vois quelqu’un d’autre tendre la main pour saisir sa tasse : mon cerveau s’allumera quasiment de la même façon en le regardant.

Pour que ces neurones miroirs fonctionnent correctement, il y a toutefois certaines conditions…

– Ils ne s’activent qu’au sein d’une même espèce (un être humain qui observe un autre être humain par exemple).

– L’imitation d’un geste est possible s’il existe un modèle de l’action à effectuer dans le cerveau de la personne.

Le rôle principal des neurones miroirs est donc de comprendre les gestes moteurs effectués par autrui en les comparant à son répertoire moteur propre.

Le bébé dès sa naissance, va naitre avec des aptitudes motrices innées à partir duquel il va pouvoir construire sa motricité grâce à son étonnante plasticité cérébrale. Ainsi, le jeune enfant va se créer par ses expériences motrices et sensorielles un répertoire d’actions.

En plus de ses expérimentations, en observant les actions de ses proches, le jeune enfant va pouvoir renforcer les circuits neuronaux qui génèrent ces actions. Qu’il s’agisse d’un geste simple ou complexe, ces neurones permettront d’associer les mouvements que l’on observe à nos propres mouvements. Le geste deviendra plus facile à effectuer.

 

Quelques mots pour conclure… Apprentissage, imitation, socialisation… les neurones miroirs ont de multiples fonctions.  Observer un mouvement, c’est déjà le réaliser dans notre tête. Les enfants répètent les mots, les gestes et les situations qu’ils ont vécus. Ils jouent et miment les scènes de la vie quotidienne : n’hésitez pas à partager ces moments de jeux (et d’apprentissage) avec eux. A travers ces moments de partage, ils apprendront, comprendront et apprivoiseront progressivement le monde qui les entoure en rejouant ce qui se déroule autour d’eux.  Donner lui à faire avec vous, comme vous. Les jeux d’imitations (dinettes, poupées…) sont aussi une belle occasion de partager et de faire pareil. Enfin, toutes les petites comptines mimées et rythmées permettrons à votre enfant de faire travailler ses neurones miroirs !