La vision revêt deux grandes fonctions que sont la réaction et l’adaptation tonique et posturale ET les capacités d’imitation et d’apprentissage.

  • La vue est l’un des sens qui permet à l’enfant et ce tout au long de la vie, d’être en alerte et de se préparer à réagir, en adaptant la posture, l’orientation corporelle et en mettant en route une action, qu’elle soit de fuite, de préhension ou d’adaptation spatiale à la relation ou à l’objet, par exemple.

Lorsque cet organe fonctionne parfaitement, il permet donc de transmettre des informations au cerveau, qui lui-même en transmettra aux muscles pour agir en conséquence.

Il fait partie de ce que nous appelons le système sensori-moteur, qui est le soubassement de la psychomotricité de l’enfant.

Un sens perçoit, le message est traité et analysé puis une réponse est organisée par le système musculo-squelettique, engendrant des réactions toniques et posturales, contribuant au repérage du corps dans l’espace.

Le traitement du flux visuel, pour ne parler que de celui-là,  se fait par deux systèmes :

  • Le système archaïque grâce aux structures sous corticales et limbiques faisant appel à la dimension émotionnelle et qualitative (agréable/désagréable)
  • Le système dit récent, grâce au cortex cérébral et aux voies pyramidales, traitant les aspects spatiaux et permettant l’ajustement postural

Au fur et à mesure du développement de l’enfant, le second système sera le plus sollicité et permettra de créer des représentations et des invariants. L’enfant pourra alors de mieux en mieux anticiper et planifier ses actions qui seront correctement orientées et finalisées.

  • La science a découvert depuis quelques années la notion des neurones miroirs qui est un système cérébral très utile et pour lequel la vue prend une place importante.

Je vois une personne agir et dans mon système neuronal, c’est comme si j’agissais aussi ! C’est par ce système que toutes les conduites d’imitations vont se faire.

Imiter un geste et, par répétition, l’ajuster et l’assimiler mais aussi comprendre ce qui se passe lorsque je vois ce geste ! On parle alors des praxies ou des gestes coordonnés et ajustés à un but précis.

L’habillage est une praxie, tout comme l’écriture, etc…. Ce sont donc les capacités à réaliser un geste et à l’automatiser. Il est alors ensuite possible de le mimer avec ou sans objets. On parle dans ce cas des praxies idéatoires et idéomotrices. Par exemple, l’enfant peut progressivement mimer l’action de servir de l’eau sans pot, ni verre ; ou encore, il peut comprendre une personne qui mime de taper dans une balle en jouant au tennis sans aucun objet dans les mains.

Cette structure et fonctionnalité cérébrale que sont les neurones miroirs, permet aussi, au travers de la vue, de se mettre à la place de la personne qui est en face de moi, en décodant et comprenant les mouvements de son visage. L’enfant peut alors comprendre les émotions vécues par son parent par exemple, sans que rien ne lui soit dit. Il développe le « sens » de l’empathie !

« Voir et être vu » (lorsque nous ne sommes pas dépourvus de ce sens bien sûr) est l’une des forces de notre humanité ! Celle qui nous permet de vivre en société, de nous adapter aux personnes qui nous entourent et aux situations et d’apprendre les uns des autres !